Calculez votre repos compensateur (contrepartie obligatoire en repos) dû pour les heures supplémentaires effectuées au-delà du contingent annuel.
Le repos compensateur, aujourd'hui officiellement appelé contrepartie obligatoire en repos (COR), est un droit à repos supplémentaire accordé au salarié dès lors qu'il effectue des heures supplémentaires au-delà du contingent annuel.
Ce contingent est fixé par accord collectif ou, à défaut, par la loi elle-même. Beaucoup de salariés se demandent comment calculer le repos compensateur et à partir de quel seuil ce droit s'ouvre réellement.
Ce guide répond aux questions les plus fréquentes : qu'est-ce que le repos compensateur obligatoire, quelle différence avec le repos compensateur de remplacement, et comment articuler heures supplémentaires et repos compensateur au quotidien.
Indiquez le nombre total d'heures supplémentaires effectuées dans l'année écoulée, ainsi que le contingent annuel applicable dans votre entreprise (220 heures par défaut).
Précisez ensuite la taille exacte de votre entreprise, car le taux de contrepartie obligatoire en repos diffère selon cet effectif.
Le calculateur détermine aussitôt les heures effectuées au-delà du contingent, puis le repos compensateur dû, exprimé en heures de repos à prendre par la suite.
Un graphique récapitulatif accompagne le résultat pour visualiser d'un coup d'œil le rapport entre heures supplémentaires totales, contingent, dépassement et repos acquis.
Le taux applicable est de 50 % pour les entreprises de 20 salariés ou moins, et de 100 % pour les entreprises de plus de 20 salariés.
Ce repos supplémentaire s'ajoute à la majoration salariale déjà due sur les heures supplémentaires elles-mêmes, sans jamais s'y substituer.
C'est ce caractère cumulatif — paiement majoré d'un côté, repos en plus de l'autre — qui distingue la contrepartie obligatoire en repos de nombreux autres dispositifs de compensation du temps de travail.
Deux notions sont souvent confondues, à tort, par les salariés comme par certains employeurs peu au fait de la réglementation.
D'une part, chaque heure supplémentaire effectuée, y compris en deçà du contingent annuel, donne droit à une majoration salariale : généralement 25 % pour les huit premières heures hebdomadaires, 50 % au-delà, sauf accord collectif fixant un taux différent, qui ne peut toutefois descendre sous 10 %.
D'autre part, seules les heures effectuées au-delà du contingent annuel ouvrent droit, en plus de cette majoration salariale, à la contrepartie obligatoire en repos décrite dans ce guide.
Un salarié qui fait des heures supplémentaires toute l'année perçoit donc systématiquement une majoration de salaire. Il ne bénéficie du repos compensateur que sur la fraction d'heures dépassant le contingent, atteinte seulement en cas de charge de travail particulièrement soutenue.
Autre confusion fréquente : la différence entre contrepartie obligatoire en repos et repos compensateur de remplacement (RCR). Ce sont deux mécanismes juridiquement distincts.
La contrepartie obligatoire en repos, traitée par ce calculateur, se déclenche automatiquement dès que le contingent annuel d'heures supplémentaires est dépassé, sans qu'un accord spécifique soit nécessaire pour son principe.
Le repos compensateur de remplacement, lui, résulte d'un accord d'entreprise ou de branche qui permet de remplacer tout ou partie du paiement d'heures supplémentaires — et de leur majoration — par du repos équivalent, y compris en deçà du contingent.
Concrètement, une entreprise peut donc combiner les deux dispositifs : du repos compensateur de remplacement sur les heures situées sous le contingent, et une contrepartie obligatoire en repos sur celles qui le dépassent.
Une fois le droit à repos compensateur ouvert, il doit en principe être pris dans un délai encadré, généralement fixé à deux mois suivant l'ouverture du droit.
La prise se fait par journée entière ou par demi-journée, selon des modalités fixées par l'employeur ou par accord collectif applicable dans l'entreprise.
Contrairement aux congés payés classiques, ce repos ne peut généralement pas être reporté indéfiniment, ni converti automatiquement en indemnité financière.
Une conversion en indemnité reste toutefois possible dans certains cas particuliers prévus par accord, ou lorsque le contrat de travail prend fin avant que le salarié ait pu effectivement poser ce repos.
L'employeur doit informer le salarié, en général via une mention sur le bulletin de paie, du nombre d'heures de repos compensateur acquises et du délai dans lequel elles doivent être prises.
Le contingent légal de 220 heures par salarié et par an n'est qu'une valeur par défaut, applicable en l'absence d'accord collectif spécifique.
De nombreuses conventions collectives de branche ou accords d'entreprise fixent un contingent différent, parfois plus élevé dans les secteurs à forte saisonnalité (BTP, hôtellerie-restauration, certains commerces).
Ce contingent peut aussi être plus restrictif dans des secteurs où l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle est particulièrement valorisé par les partenaires sociaux.
Il varie également selon la catégorie de salariés au sein d'une même entreprise : cadres, non-cadres, ou salariés au forfait jours, qui suivent des règles totalement différentes non soumises à ce mécanisme.
Vérifiez donc systématiquement votre propre contingent applicable avant de considérer les résultats de ce calculateur comme définitifs.
Prenons un salarié d'une entreprise de plus de 20 salariés (taux de 100 %) ayant effectué 260 heures supplémentaires sur l'année, pour un contingent annuel de 220 heures.
Le dépassement du contingent s'élève à 40 heures (260 − 220). Le repos compensateur dû est alors de 40 heures (40 × 100 %), soit l'équivalent d'environ cinq jours ouvrés de repos.
Dans une entreprise de 20 salariés ou moins, avec le même dépassement de 40 heures, le repos compensateur dû ne serait que de 20 heures (40 × 50 %), soit environ deux jours et demi.
Cet exemple illustre pourquoi la taille de l'entreprise et le contingent applicable doivent être vérifiés avec soin avant toute estimation de repos compensateur acquis.
Pour calculer la majoration salariale due sur l'ensemble de vos heures supplémentaires, notre calculateur d'heures supplémentaires complète utilement celui-ci.
Si votre entreprise fonctionne aussi avec un système de RTT, notre calculateur de RTT vous aide à faire le point sur l'ensemble de vos jours de repos acquis.
Pour un suivi global et détaillé de votre temps de travail au quotidien, notre calculatrice de temps de travail complète votre boîte à outils de gestion du temps professionnel.
Utilisés ensemble, ces trois outils donnent une vision complète de votre compteur d'heures : heures travaillées, heures supplémentaires majorées, jours de RTT et repos compensateur acquis.
Le mécanisme actuel de la contrepartie obligatoire en repos (COR) a succédé, lors de la grande réforme du temps de travail de 2008, à un dispositif antérieur appelé « repos compensateur obligatoire », dont les règles de déclenchement différaient sensiblement.
Cette évolution législative s'inscrivait dans un mouvement plus large de flexibilisation du temps de travail français, laissant aux entreprises et aux branches davantage de marge pour négocier des contingents adaptés à leurs contraintes économiques.
Une protection minimale a néanmoins été maintenue pour les salariés effectuant un volume important d'heures supplémentaires.
Le terme « repos compensateur » reste toutefois largement employé dans le langage courant, y compris par de nombreux services de ressources humaines et sur les bulletins de paie, pour désigner ce qui correspond juridiquement à la contrepartie obligatoire en repos.
Les salariés relevant d'une convention de forfait annuel en jours — fréquente chez les cadres autonomes dans l'organisation de leur emploi du temps — échappent au décompte horaire classique.
Ils échappent donc aussi, par conséquent, à la notion même d'heures supplémentaires et de contingent annuel telle que décrite dans ce guide.
Leur temps de travail est comptabilisé en nombre de jours travaillés sur l'année, généralement 218 jours, et non en heures, ce qui rend ce mécanisme de repos compensateur inapplicable à leur situation.
Pour ces salariés au forfait jours, d'autres protections existent : un droit au repos quotidien et hebdomadaire minimal, ainsi qu'un suivi régulier de la charge de travail par l'employeur, encadré par des règles distinctes.
Le non-respect avéré, par l'employeur, de son obligation d'accorder la contrepartie obligatoire en repos constitue une infraction pouvant être sanctionnée.
Il en va de même s'il omet de correctement informer le salarié de ses droits acquis, généralement via le bulletin de paie.
Le salarié lésé peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir réparation, sous forme d'une indemnité compensatrice équivalente aux droits à repos non accordés, à laquelle peuvent s'ajouter des dommages et intérêts en cas de préjudice démontré.
L'inspection du travail peut également être sollicitée en cas de manquement systématique, notamment lorsque plusieurs salariés d'une même entreprise sont concernés par le même problème de contingent ou de repos compensateur non attribué.
Il est donc dans l'intérêt de tout salarié faisant régulièrement des heures supplémentaires de suivre son compteur d'heures et de vérifier que ses droits à repos compensateur sont correctement calculés et mis à sa disposition dans les délais.
Au-delà de sa dimension financière, le mécanisme du repos compensateur répond aussi à un objectif de santé et de sécurité au travail.
Il s'agit de limiter, par la contrainte du repos obligatoire, les effets cumulés d'une charge de travail excessive et prolongée sur la santé physique et mentale des salariés.
Un volume important d'heures supplémentaires effectuées sur une longue période, même correctement rémunéré, peut entraîner fatigue chronique, risques accrus d'accidents du travail et dégradation de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Certains accords d'entreprise vont volontairement au-delà du minimum légal : contingents annuels plus restrictifs que 220 heures, ou taux de contrepartie en repos nettement plus généreux.
C'est en particulier le cas dans les secteurs exposés à la pénibilité physique et à la fatigue professionnelle accumulée, comme le BTP, les transports ou certains métiers de la santé et du médico-social.
Selon les entreprises et les générations de textes, ce dispositif est désigné par plusieurs appellations : repos compensateur, repos compensateur obligatoire, contrepartie obligatoire en repos, ou simplement COR.
On rencontre aussi les formulations « repos compensateur légal » ou « repos compensateur pour heures supplémentaires », qui renvoient toutes au même mécanisme fondé sur le dépassement du contingent annuel.
À ne pas confondre avec le repos compensateur de remplacement (RCR), ni avec le repos hebdomadaire ou les congés payés, qui relèvent de logiques juridiques totalement différentes.
Connaître ces synonymes aide à mieux comprendre son bulletin de paie, sa convention collective, ou les explications fournies par le service des ressources humaines de son entreprise.
Vérifiez votre accord d'entreprise. Le contingent annuel d'heures supplémentaires peut être fixé différemment par convention collective de branche ou accord d'entreprise spécifique. Consultez votre accord applicable, votre service des ressources humaines, ou votre bulletin de paie pour connaître le contingent exact en vigueur dans votre situation.
C'est le nombre d'heures supplémentaires qu'un salarié peut effectuer par an sans déclencher automatiquement un droit à repos compensateur supplémentaire. Il est fixé à 220 heures par défaut, sauf accord différent.
Non, la contrepartie obligatoire en repos s'ajoute au paiement (majoré) des heures supplémentaires elles-mêmes. Elle ne concerne que les heures effectuées au-delà du contingent annuel.
Non, le repos compensateur de remplacement (RCR) est un mécanisme différent, prévu par accord, qui permet de remplacer tout ou partie du paiement des heures supplémentaires et de leur majoration par du repos, dans la limite du contingent.
Il doit généralement être pris dans un délai de deux mois suivant l'ouverture du droit, par journée ou demi-journée, selon les modalités prévues par l'employeur ou l'accord applicable.